6 novembre 2008
Le constat est autant alarmiste qu'unanime. La crise alimentaire mondiale va entraîner des mouvements migratoires d'une ampleur considérable. Temps Présent a choisi d'aller mesurer le désastre qui a déjà commencé à Haïti, l'un des pays les plus misérable de la planète. Les Haïtiens sont déjà des milliers à fuir, pour ne pas mourir. Haïti est emblématique de l'insécurité alimentaire actuelle et des vagues migratoires appelées à se manifester, tôt ou tard, dans d'autres régions du globe.
«Nous sommes au seuil d'une tragédie effroyable», insiste Jean Ziegler, l'ancien rapporteur spécial de la commission des droits de l'homme sur le droit à l'alimentation. Le printemps dernier, la moitié des pays du globe connaissait des émeutes de la faim, renvoyant à cette terrible réalité. L'inattendu et spectaculaire retour des famines, sous l'effet conjugué de la crise du secteur agricole, de l'envol du baril de pétrole, du réchauffement climatique et de l'appétit vorace de spéculateurs.