Comme un poison dans l’eau
Un reportage de Patrice Lorton, Frédéric Bohn et Jean-François Monier
Depuis l’été dernier, les poissons du Rhône sont immangeables. Interdits à la consommation pour leur teneur en PCB, une substance toxique plus connue sous son nom commercial : le pyralène. Transparent, huileux, inodore, le pyralène imprègne les sédiments et tapisse le fond du fleuve-roi, de Lyon jusqu’en Camargue. Envoyé spécial est remonté aux sources de cette pollution majeure. Première découverte : presque tous les cours d’eau ont ce poison dans leur lit. De la Seine à la Durance, de la Meuse à l’Isère, il y a des PCB partout où il y avait des usines. Inventé dans les années 30, ce produit-miracle a été utilisé dans les transformateurs, l’électro-ménager, les peintures, les papiers peints, les huiles industrielles et même… les chewing-gums ! Envoyé spécial retrace cet héritage industriel. Retirés de la vente il y a plus de 20 ans, les polyphlorobiphényls sont toujours là et empoisonneront encore longtemps notre environnement. Ils ne sont pas bio-dégradables. Et il n’existe aucune solution technique pour dépolluer les fleuves. Le problème ne s’arrête d’ailleurs pas à leur embouchure. La côte méditerranéenne, ou la baie de Seine sont touchées elles aussi, comme en témoignent plusieurs scientifiques. Ce poison contamine aussi la chaîne alimentaire. Présent dans certains sols, sur certaines façades, ou même dans l’atmosphère, il se déplace et peut se retrouver dans le lait des ruminants. L’équipe d’Envoyé spécial a mis au jour une pollution agricole jusque-là gardée secrète, dans le nord de la France. Comment expliquer alors l’inaction de l’Etat, informé des risques sanitaires depuis le milieu des années 80, et lui-même gros pollueur via une usine à capitaux publics située en amont de Lyon ?
1 ere partie :
2 emes parties :